Communiqué De Presse Conjoint N°4 – 2026
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- 11/02/2015
RD Congo : violences en série dans les concessions minières exploitées par des entreprises chinoises
Plusieurs vidéos ont témoigné, depuis le mois de mars, des vives tensions dans les concessions minière exploitées par des entreprises chinoises dans la région de Lualaba, dans le sud de la République démocratique du Congo. Elles montrent des responsables de ces entreprises en venir aux mains avec leurs employés congolais, ou avec des orpailleurs artisanaux
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- 16/02/2015
AFREWATCH vient de publier son rapport sur les sociétés de sécurité privée et les droits de l’homme dans les provinces du Haut-Katanga et du Lualaba
AFREWATCH vient de publier son rapport sur les sociétés de sécurité privée et les droits de l’homme dans les provinces du Haut-Katanga et du Lualaba. Le rapport analyse le cadre légal de la sécurité privée en RDC, identifie ses faiblesses, documente les cas de violations des droits de l’homme commis par les agents de sécurité
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- 16/02/2015
ATELIER DE RENFORCEMENT DES CAPACITES DES COMMUNAUTES LOCALES DES ENTREPRISES MINIERES DE LA PROVINCE DU LUALABA SUR L’UTILISATION DE LA VIDEO POUR LA PROTECTION DES DROITS HUMAINS DU 24 au 26 FEVRIER 2021 A KOLWEZI
Dans le cadre de son programme d’accompagnement des communautés locales des entreprises extractives, African Resources Watch (AFREWATCH) et New Media Advocacy Project (NMAP) organisent dans la salle du lycée Mwanga à Kolwezi du 24 au 26 février 2021, un atelier de Renforcement des capacités des Communautés locales des Entreprises minières de la province du Lualaba
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- 17/02/2015
LA FACE CACHEE DU PROJET HYDROELECTRIQUE DE BUSANGA : Dépliant de dénonciation, vulgarisation et plaidoyer pour l’accès à l’électricité de Busanga
Résumé de l’étude menée par la synergie des ONG de la Société Civile du Haut-Katanga et du Lualaba Please follow and like us: 20 20
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- 19/02/2015
Rapport de l’atelier de réflexion des parties prenantes organisé à Kolwezi
Rapport de l’atelier de réflexion des parties prenantes organisé à Kolwezi sur l’artisanat minier dans la province du Lualaba Rapport de l’atelier de réflexion des parties prenantes organisé à Kolwezi sur l’artisanat minier dans la province du Lualaba Du 17 au 18 mars 2020 à Kolwezi, AFREWATCH a organisé un atelier d’échanges des parties prenantes
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- 22/02/2015
How to reduce conflicts between mining companies and artisanal miners in the province of Lualaba
By Emmanuel UMPULA In the DRC artisanal mining is legal on the basis of the revised mining code (article 109, paragraph 1) and implementing measures. The same legislation specifies that artisanal mining should take place in artisanal mining zones (ZEA); in other words artisanal mining cannot take place in a zone that is covered by
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- 22/02/2015
Conférence de presse sur l’accès des populations de la RDC à l’électricité
Conférence de presse sur l’accès des populations de la RDC à l’électricité Please follow and like us: 20 20
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- 23/02/2015
Rapport final de l’atelier de formation du 24 au 26 février 2021 AFREWATCH & NMAP
Pour renforcer les moyens d’intervention des communautés locales des entreprises minières aux activités de protection des droits humains, l’Observatoire Africain des Ressources naturelles (AFREWATCH) en partenariat avec New Média Advocacy Project (NMAP), ont mis en place ce programme formation continue en faveur des membres des communautés. En février 2020, une première session de renforcement avait
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- 23/02/2015
Rapport de la troisième session de renforcement des capacités des communautés locales des entreprises minières de la province du Lualaba sur l’utilisation de la vidéo pour la protection des droits humains
Pour renforcer les moyens d’intervention des communautés locales des entreprises minières aux activités de protection des droits humains, l’Observatoire Africain des Ressources naturelles (AFREWATCH) en partenariat avec New Média Advocacy Project (NMAP), ont mis en place le programme formation continue en faveur des membres des communautés. Ces formations ont connues la participation de six personnes
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- 23/02/2015
Memorandum
Lubumbashi, le 12 février 2021 « Projet hydroélectrique de Busanga : la synergie MWANGAZA exige la révision de l’Accord de J-V de 2016 portant création de SICOHYDRO pour définir la part de l’énergie réservée aux communautés impactées » Télécharger Please follow and like us: 20 20
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- Afrewatch
- 04/06/2026
- Communiqué/Partenaire
Une empreinte chimique mortelle : de nouvelles preuves scientifiques révèlent une pollution à échelle industrielle dans les mines de cuivre-cobalt de la RDC.
Des études indépendantes mettent en évidence une pollution atmosphérique généralisée et une contamination des eaux et sols présentant de graves risques pour la santé publique
De nouvelles études scientifiques publiées aujourd’hui documentent une pollution généralisée de l’air, de l’eau et des sédiments aux abords des grandes mines de cuivre et de cobalt en République démocratique du Congo (RDC). Les scientifiques ont identifié des polluants associés à des maladies pulmonaires, des lésions neurologiques, des cancers et des atteintes à la santé reproductive, les enfants étant les plus exposés. Les habitants vivant à proximité des mines font état de problèmes de santé croissants. Comme l’a exprimé l’un d’eux : « On nous tue à petit feu ».
La RDC fournit plus de 70 % du cobalt mondial, indispensable aux batteries des véhicules électriques et à d’autres technologies d’énergie verte, ainsi que des quantités significatives de cuivre. Alors que la transition mondiale vers une énergie « propre » s’accélère – de pair avec l’expansion des centres de données liés à l’intelligence artificielle et de l’industrie de la défense – la demande en ces deux minéraux ne cesse de s’intensifier.
Deux des études, menées par des experts de Source International, une organisation de science environnementale basée en Italie, fournissent la première évaluation systématique de la qualité de l’air dans la région, accompagnée d’une analyse de l’eau et des sédiments. Elles sont complétées par deux autres études sur la qualité de l’eau et la santé environnementale, menées par les professeurs Célestin Banza Lubaba Nkulu et Arthur Kaniki Tshamala de l’Université de Lubumbashi, deux éminents scientifiques spécialisés en environnement.
En recourant à des méthodologies distinctes et à des laboratoires indépendants, les équipes de recherche ont toutes abouti à des conclusions remarquablement convergentes quant à l’ampleur de la pollution.
Principales conclusions scientifiques
- À tous les sites surveillés, les concentrations de particules fines (PM2,5 et PM10, ci-après: PM) dans l’air dépassent les lignes directrices de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), dans certains cas jusqu’à six fois ; 98 % des mesures horaires étaient supérieures aux limites de sécurité, ce qui indique que les communautés sont exposées en permanence, et non de manière occasionnelle, à des niveaux dangereux d’air toxique.
- À l’école Galaxy à Kolwezi, où environ 1,500 enfants et 68 membres du personnel travaillent et étudient quotidiennement, située à moins de 500 mètres d’un stockage de déchets miniers, les niveaux de pollution figuraient parmi les plus élevés enregistrés dans l’ensemble de l’étude sur la pollution atmosphérique.
- La poussière porte l’empreinte chimique de résidus miniers industriels ; l’analyse a écarté le trafic routier, les fumées issues de la combustion de bois, de charbon ou de déchets, ainsi que l’exploitation minière artisanale, comme sources principales.
- Dans les rivières, les lacs et les puits, les scientifiques ont relevé des concentrations élevées de cuivre, de cobalt, de manganèse, d’arsenic, de plomb et d’uranium ; les concentrations de métaux dans la rivière Kelangile et le lac Kando ont dépassé les normes environnementales internationales.
Un puits communautaire à Kolwezi, situé à 200 mètres d’un bassin de résidus miniers, s’est avéré 100 fois plus acide que les valeurs recommandées, avec des concentrations de manganèse atteignant jusqu’à 14 fois les limites sanitaires. À des niveaux élevés, le manganèse a des effets toxiques sur le système nerveux central (le cerveau et le système nerveux).
Station de surveillance de la poussière dans la cour du complexe scolaire Galaxy, situé dans une zone minière industrielle en périphérie de la ville de Kolwezi, en République démocratique du Congo. À l’arrière-plan, une mine est visible, illustrant à quel point l’activité extractive est profondément imbriquée dans la vie ordinaire des communautés. Dans le coin supérieur gauche de l’image, on distingue l’équipement de surveillance de la poussière de Source International. ©2025 Source International
Les scientifiques tirent la sonnette d’alarme sur de graves risques sanitaires
La pollution par les particules est le deuxième principal facteur de risque de décès à l’échelle mondiale. Dans ses conclusions, Source International souligne qu’elle est associée à des maladies respiratoires, à des cancers, à des naissances prématurées et à des atteintes néonatales. Les scientifiques avertissent que les preuves croissantes de problèmes de santé « soulèvent des inquiétudes importantes quant à la santé des communautés en première ligne au Lualaba ».
Le professeur Banza met en garde sur le fait que les sédiments chargés de métaux, s’accumulant dans les cours d’eau et les plans d’eau de la région, constituent une « bombe chimique à retardement », et conclut que l’exposition chronique des communautés riveraines « est compatible avec des risques sanitaires significatifs et graves ». Une telle contamination peut entraîner des troubles neurologiques, des maladies rénales, des intoxications chroniques et des perturbations du développement chez l’enfant.
Les preuves confirment les atteintes environnementales dénoncées de longue date par les communautés
Les études ont été menées dans huit communautés situées dans et aux alentours des villes de Kolwezi et Fungurume, dans la province du Lualaba, à proximité de grandes opérations minières industrielles, notamment : Tenke Fungurume Mining (TFM, exploitée par CMOC) ; COMMUS (exploitée par Zijin Mining) et Mutanda Mining (exploitée par Glencore).
Les conclusions scientifiques se reflètent dans les témoignages de plus de 150 habitant·es et membres du personnel médical, recueillis par RAID, une organisation britannique de surveillance des entreprises, et par AFREWATCH, une ONG congolaise spécialisée dans les ressources naturelles, qui décrivent une eau contaminée, des poussières suffocantes, des pertes de récoltes et une dégradation de l’état de santé.
« Avant, l’air était bon », a déclaré un habitant de Kaindu. « Maintenant, quand on se réveille, on ressent une douleur au nez et la tête fait mal. » À Pierre Muteba et Tshizuza, les résidents décrivent le nettoyage de leur domicile trois ou quatre fois par jour pour enlever la poussière qui se dépose sur les vêtements, la nourriture et l’eau. « Quand elle arrive, c’est comme un brouillard », a dit un habitant de Mibanze sur la pollution atmosphérique.
Dans de nombreuses communautés, les habitants signalent une toux persistante, des saignements de nez, des irritations oculaires et des maux de tête, des symptômes qui s’aggravent en saison sèche. Des femmes font état de fausses couches, de perturbations menstruelles et de problèmes de santé reproductive qu’elles attribuent à la pollution, et signalent que les enfants sont les plus gravement touchés. « C’est très grave pour les jeunes bébés », a déclaré une mère à Pierre Muteba. « Depuis que je vis ici, j’ai une toux tous les mois sans arrêt. C’est pareil pour les enfants. »
Les professionnels de santé locaux confirment ce que décrivent les habitants. « Il n’y a pas un jour sans un cas qui puisse être lié à la pollution de l’air », a déclaré un médecin exerçant à Kolwezi. Les communautés indiquent avoir répété leurs préoccupations aux entreprises et aux autorités, mais souvent sans réponse ou avec peu d’effet.
Les trois équipes scientifiques concluent toutes qu’une évaluation sanitaire urgente et indépendante des communautés affectées est nécessaire.

L’école Galaxy, au pied d’une mine industrielle de cuivre-cobalt. Les élèves vaquent à leurs activités quotidiennes dans un environnement marqué par la présence immédiate de l’exploitation minière industrielle. ©2025 Source International
Les études scientifiques indépendantes sont publiées aujourd’hui par AFREWATCH, RAID et Source International. Elles appellent les entreprises minières à financer l’évaluation sanitaire, à publier leurs données de surveillance environnementale et à prendre des mesures immédiates pour réduire la pollution à la source.
Les ONG ont partagé les conclusions des quatre études scientifiques avec CMOC (TFM), Glencore (MUMI) et Zijin Mining (COMMUS) deux semaines avant la publication, en les invitant à faire part de leurs observations. TFM a fourni une réponse écrite détaillée, disponible ici. Glencore a pris acte des conclusions dans sa courte réponse (voir ci-dessous) et a indiqué qu’elle les prendrait en compte dans ses systèmes de gestion environnementale. COMMUS a demandé une prolongation du délai après l’expiration de la date limite du 1er juin. Elle n’a pas encore fourni d’observations.
Déclarations
Flaviano Bianchini, Directeur exécutif, Source International :
« Au cours de nos nombreuses années de surveillance de la pollution sur des sites miniers industriels à travers le monde, ces résultats comptent parmi les plus préoccupants que nous ayons jamais documentés en matière de qualité de l’air. Sur chaque site que nous avons mesuré, les particules fines dépassent les lignes directrices de l’OMS par une marge très importante. Les poussières portent l’empreinte chimique incontestable des résidus d’extraction industrielle. Une évaluation sanitaire urgente et indépendante de ces communautés n’est pas seulement une recommandation – c’est une nécessité. »
Emmanuel Umpula, Directeur exécutif, AFREWATCH :
« Les communautés vivant aux abords de ces mines paient le prix des ambitions énergétiques mondiales de leur santé, de leurs récoltes et de leurs rivières. Elles nous le disent depuis des années, et la science confirme maintenant ce qu’elles disaient. Il est temps que les entreprises agissent et que le gouvernement de la RDC renforce l’application de ses lois environnementales. »
Anneke Van Woudenberg, Directrice exécutive, RAID :
« Le monde construit un avenir énergétique propre à partir de cobalt et de cuivre dont l’extraction est tout sauf propre. Les entreprises qui profitent de cette contradiction ont le pouvoir d’y remédier. Ces études scientifiques ne leur laissent plus aucune excuse pour ne pas agir. »
Professeur Arthur Kaniki Tshamala, Département de Chimie Industrielle, Faculté Polytechnique, Université de Lubumbashi :
« Après plusieurs années de recherche sur la qualité de l’eau dans les régions minières du Haut-Katanga et du Lualaba, ces résultats ne me surprennent pas ; ils sont cohérents avec les tendances déjà observées. Les données démontrent clairement que la contamination observée n’est pas un vestige du passé minier : elle est en cours, elle s’aggrave et elle est spatialement associée aux zones d’exploitation en activité. Il y a donc nécessité d’un suivi environnemental renforcé étant donné que les populations vivant dans les zones concernées paient déjà le prix de cette pollution. »
Professeur Célestin Banza Lubaba Nkulu, Unité de Toxicologie et Environnement, Faculté de Médecine, Université de Lubumbashi :
« Les rivières et les lacs de la région du Grand Katanga sont les premières victimes de l’exploitation minière industrielle, aux côtés des communautés qui en dépendent. Le dépôt massif et continu de sédiments chargés de métaux dans ces écosystèmes constitue, à mon sens, une bombe chimique à retardement. La littérature scientifique évaluée par les pairs, à laquelle mes collègues et moi-même avons contribué depuis de nombreuses années, documente clairement ce que ces métaux font au corps humain : lésions neurologiques, pathologies rénales, effets hématologiques et risque accru de cancer. Ces preuves s’accumulent depuis des décennies. Ce qui a fait défaut, c’est l’action à la hauteur de ces éléments. »
Les quatre rapports scientifiques peuvent être téléchargés à partir de ce lien :
- Mining impacts on air quality in the Copper-Cobalt Belt, Democratic Republic of Congo : First assessment of particulate matter and inhalable heavy metals in Lualaba’s frontline communities from the October 2025 sampling campaign – Source International, juin 2026
- Mining impacts on aquatic environments in the Copper-Cobalt Belt, Democratic Republic of Congo : Assessment of water and sediment quality in Lualaba’s frontline communities from the October 2025 sampling campaign – Source International, juin 2026
- Évaluation des risques environnementaux et sanitaires associés à la pollution des cours et plans d’eau dans le Grand Katanga en République Démocratique du Congo – Pr. Célestin Banza Lubaba Nkulu, Département de santé publique, Université de Lubumbashi, juin 2026
Évaluation de la qualité des eaux et des sols dans les communautés impactées par les entreprises minières TFM, COMMUS et MUMI – Pr. Arthur Kaniki Tshamala, Département de Chimie Industrielle, Université de Lubumbashi, juin 2026

Vue aérienne de l’école Galaxy, située dans une zone minière. La proximité entre les bâtiments scolaires et les infrastructures extractives met en évidence l’exposition quotidienne des enfants et des adolescents à un environnement fortement industrialisé. ©2025 Source International
Voir également Dans les coulisses de la transition énergétique publié par RAID et AFREWATCH en mars 2024.
Informations de contexte supplémentaires sur les études scientifiques
Méthodologie et portée des études
Les quatre études scientifiques ont été menées de manière indépendante à des étapes différentes et selon diverses méthodes :
- L’étude sur l’eau et les sédiments du professeur Banza a été menée en janvier et février 2024 ; des échantillons ont été prélevés dans trois lacs et cinq rivières sur l’ensemble de la zone de Kolwezi et Fungurume, avec des analyses toxicologiques effectuées au laboratoire de gestion des sols et des eaux de la KU Leuven en Belgique.
- L’étude du professeur Kaniki a été menée en octobre 2025 ; son équipe a prélevé des échantillons d’eau de surface, d’eau souterraine et de sédiments en plusieurs points à Kolwezi, au lac Kando et à Fungurume, avec des analyses réalisées dans un laboratoire accrédité ISO/IEC 17025 de l’Université de Lubumbashi, l’un des rares laboratoires de la RDC à détenir cette accréditation internationale.
- Les études de Source International sur la qualité de l’air et sur la surveillance de l’eau et des sédiments ont également été menées en octobre 2025, en fin de saison sèche, à Kolwezi, Pierre Muteba 2 et Fungurume. L’équipe a déployé des capteurs de qualité de l’air en temps réel sur huit sites et a collecté 12 échantillons d’eau de surface, neuf échantillons de sédiments et cinq échantillons d’eau domestique provenant de puits et fontaines communautaires, avec des analyses effectuées par un laboratoire accrédité ACCREDIA en Italie.
Ce n’est pas la première fois que des scientifiques alertent sur la pollution dans la Ceinture cuprifère et cobaltifère de la RDC (voir une revue de la littérature des principales études scientifiques ici).
Ensemble, ces quatre études constituent à ce jour les analyses indépendantes les plus récentes de la pollution environnementale dans les communautés riveraines des mines au Lualaba. L’étude sur la qualité de l’air est, à la connaissance des chercheurs, la première évaluation indépendante de la pollution aux particules fines (PM2,5 et PM10) dans cette région. Les études sur l’eau et les sédiments s’inscrivent, quant à elles, dans un corpus croissant de données scientifiques documentant une contamination grave et étendue dans la région.

Vue aérienne d’une zone résidentielle située en bordure d’un grand site minier industriel. L’image illustre la proximité entre les zones d’extraction, les routes de transport minier et les habitations, en périphérie de Kolwezi. ©2025 Source International
Qualité de l’air : résultats sur la pollution particulaire
Source International a déployé des capteurs Aeroqual en temps réel sur huit sites à Kolwezi et Fungurume pendant plusieurs jours, mesurant les concentrations de PM2,5 et PM10. La petite taille de ces particules est ce qui les rend dangereuses : les PM2,5 pénètrent profondément dans les poumons et passent dans la circulation sanguine, transportant des métaux toxiques dont le cobalt, le cuivre et le manganèse. Le danger réside non pas dans une exposition ponctuelle, mais dans l’inhalation quotidienne et continue vécue par les communautés vivant à proximité des mines industrielles.
Sur l’ensemble des sites surveillés, les concentrations journalières de PM2,5 et PM10 ont dépassé les Lignes directrices de l’OMS sur la qualité de l’air, les valeurs de PM2,5 sur certains sites étant plus de six fois supérieures à la limite journalière de 15 μg/m³ fixée par l’OMS. Six des huit sites ont été classés « malsains pour les groupes sensibles » et un « malsain » selon l’indice de qualité de l’air (AQI).
Les normes de qualité de l’air en RDC existent sur le papier, mais une erreur de rédaction les prive de toute portée : les limites sont exprimées en grammes plutôt qu’en microgrammes par mètre cube, ce qui les rend supérieures de plusieurs ordres de grandeur à tout seuil sanitaire reconnu – soit, en pratique, un million de fois au-dessus de ces seuils – et donc inapplicables. Cette incohérence est reconnue par les autorités, mais n’a pas été corrigée dans la législation. En l’absence de réglementation nationale, les entreprises minières opérant en RDC citent fréquemment les normes sud-africaines sur la qualité de l’air dans leurs propres rapports et engagements publics. Ces normes sont moins strictes que les lignes directrices de l’OMS, avec une limite journalière de 40 μg/m³ contre 15 μg/m³ pour les PM2,5. Sept des huit sites surveillés ont dépassé même ces normes – celles que les entreprises elles-mêmes ont choisi d’invoquer.
Source International précise dans son étude que les mesures ont été réalisées peu après deux épisodes de fortes pluies en octobre 2025, qui ont réduit les poussières. L’équipe a souligné que les conditions de saison sèche sont probablement sensiblement pires que ce que montrent actuellement les données.
Afin d’identifier l’origine de la poussière, Source International a procédé à une analyse chimique des échantillons, qui oriente fortement vers l’exploitation minière industrielle comme source principale. Les échantillons de tous les sites présentaient une signature cohérente de cobalt, de cuivre et de manganèse. D’autres sources possibles – circulation routière, combustion domestique et exploitation artisanale – ont été testées et jugées peu susceptibles d’en être la source principale.

Vue panoramique d’une zone résidentielle située en bordure d’un grand site minier industriel. La mine domine le paysage, montrant la proximité entre les activités d’extraction et la vie quotidienne en périphérie de Kolwezi. ©2025 Source International
Contamination de l’eau et des sédiments
Dans les eaux de surface, les sédiments et les eaux souterraines, le cuivre était le contaminant le plus significatif, souvent présent à des niveaux dangereux. À ces concentrations, il est toxique pour la vie aquatique et, en cas d’exposition prolongée, associé à des lésions hépatiques et rénales chez l’homme. Le cobalt et le manganèse étaient également systématiquement élevés dans l’ensemble des données, dans de nombreux cas plus de dix fois supérieurs aux concentrations médianes rapportées en Europe.
Un des résultats les plus alarmants des études sur l’eau concerne le puits d’eau potable communautaire de Pierre Muteba 2. Source International a relevé que ce puits, le plus proche du bassin de résidus de COMMUS, était 100 fois plus acide que les valeurs recommandées, avec des niveaux élevés de manganèse. Une contamination étendue sur ce site laisse envisager une possible infiltration d’eaux de procédé acides dans la nappe phréatique locale, bien que les scientifiques précisent qu’il s’agit encore d’une hypothèse de travail nécessitant des investigations complémentaires.
Une autre conséquence préoccupante, et moins visible, est que l’eau acide peut dissoudre des métaux toxiques présents dans les récipients et ustensiles. Cela crée une voie d’exposition supplémentaire pour les communautés locales, qui n’est pas nécessairement détectée par les seules analyses chimiques de l’eau.

Zone résidentielle et corridor d’infrastructures liés aux opérations minières. La mine industrielle et ses routes de transport traversent le paysage, fragmentant la vie communautaire en périphérie de Kolwezi. ©2025 Source International
L’étude du professeur Banza documente une contamination sur une large zone géographique. Dans la rivière Kelangile, les valeurs moyennes de pH étaient fortement acides, à 3,4 dans l’eau et 4,5 dans les sédiments. Les concentrations de manganèse dans les sédiments fluviaux atteignaient des millions de microgrammes par kilogramme de poids sec. Le professeur Banza avertit que l’accumulation de sédiments contaminés par des métaux dans ces cours d’eau constitue une « bombe chimique à retardement » : une crise environnementale qui s’aggrave lentement et dont les effets se feront sentir pendant des générations si aucune mesure n’est prise.
L’étude du professeur Kaniki a relevé des signes clairs de contamination industrielle dans la rivière Kelangile autour de Fungurume. En comparant ses données d’octobre 2025 avec des mesures recueillies environ douze ans auparavant, il a constaté que les concentrations de sulfates avaient augmenté considérablement tandis que la conductivité électrique avait plus que doublé, témoignant d’une aggravation de la teneur en contaminants dissous plutôt que d’une amélioration. Il conclut que « les eaux de la rivière Kelangile sont contaminées par le rejet d’effluents liquides en provenance de l’usine 30K [l’usine de traitement du minerai mixte de TFM] ».
Les scientifiques ont également détecté des concentrations élevées de cobalt et de manganèse dans l’eau des rivières et des lacs. Ces métaux représentent une menace directe pour la vie aquatique, notamment pour les poissons — poissons, dont presque toutes les communautés interrogées disent avoir constaté une baisse continue de l’abondance et de la taille ces dernières années — avec des conséquences socio-économiques majeures pour des populations qui dépendent de ces ressources depuis des générations.

Une halde de stériles miniers industriels en périphérie de Kolwezi. ©2025 Source International
Ce que les données ne montrent pas : une note sur la contamination historique
En interprétant ces résultats, les scientifiques reconnaissent que la ceinture cuivro-cobaltifère de la RDC est affectée par une contamination historique due à des décennies d’activité industrielle passée, et que certains métaux sont naturellement présents à des niveaux élevés dans sa géologie. Ces études n’écartent pas la contamination historique ni la minéralisation naturelle en tant que facteurs contributifs. Elles montrent que les résultats actuels sont compatibles avec des opérations en expansion. L’histoire fait partie du tableau, mais elle n’explique pas ce qui se passe aujourd’hui.
Le complexe scolaire Galaxy : des enfants en première ligne de la pollution
L’école Galaxy de Musonoie, à Kolwezi, est située à moins de 500 mètres d’un grand remblai de stériles lié aux opérations de COMMUS. EIle accueille environ 1 500 élèves âgés de 4 à 17 ans et 68 membres du personnel. Chaque jour, ils passent des heures dans un environnement où les données sur la qualité de l’air les placent parmi les personnes les plus exposées de toute l’étude.
Les mesures effectuées à l’école Galaxy ont enregistré des concentrations journalières de PM2,5 de 44 µg/m³, soit près de trois fois la ligne directrice de l’OMS de 15 µg/m³, et des concentrations journalières de PM10 de 105 µg/m³, soit plus du double de la ligne directrice de l’OMS de 45 µg/m³ – et parmi les plus élevées enregistrées sur l’ensemble des sites de surveillance à Kolwezi. Le site a été classé « malsain pour les groupes sensibles » sur l’indice de qualité de l’air. De façon critique, l’école a également enregistré un pic marqué de pollution en fin d’après-midi – le moment où les enfants sont encore en classe ou rentrent chez eux.
Les enfants sont particulièrement vulnérables à la pollution atmosphérique : leurs poumons sont encore en développement et ils respirent plus rapidement que les adultes. L’exposition aux PM2,5 durant l’enfance est associée à un développement pulmonaire réduit, à une fréquence accrue d’infections respiratoires, à des effets cognitifs et à un risque à long terme de cancer. L’analyse chimique des poussières sur ce site a révélé des concentrations de cobalt et de cuivre dépassant plus de quatre fois la limite précautionnelle estimée.
L’école Galaxy n’est pas un cas isolé. Comme le relève Source International, il s’agit du seul établissement scolaire inclus dans son étude, mais ce n’est pas la seule école située à proximité d’opérations minières à Kolwezi et Fungurume. Ces résultats illustrent un danger plus large : dans ces communautés, les enfants grandissent dans des environnements où l’exposition à une pollution nocive, par plusieurs voies, fait partie du quotidien — y compris dans des lieux qui devraient compter parmi les plus sûrs.

Vue aérienne d’une zone résidentielle située à proximité d’une halde de stériles miniers industriels. Ces haldes figurent parmi les principales sources de poussière dans cette zone, en périphérie de Kolwezi. ©2025 Source International
Ce que subissent les communautés
Ces conclusions scientifiques sont étayées par les témoignages recueillis par RAID et AFREWATCH entre septembre et octobre 2025 auprès de plus de 150 habitants et membres du personnel médical dans dix communautés de la province du Lualaba. Cette nouvelle recherche s’inscrit dans le prolongement de notre rapport de 2024, Dans les coulisses de la transition énergétique, qui documentait déjà une pollution généralisée de l’eau et ses impacts sur les communautés riveraines des mines dans la même région.
Ces témoignages participent d’un effort local continu pour documenter les changements environnementaux à travers les voix des personnes qui en subissent les effets au quotidien. Ils complètent les conclusions scientifiques et renforcent l’ancrage des preuves présentées dans cette publication.
Comme de nombreux habitants, une femme se couvre le visage pour se protéger de la poussière et de la pollution de l’air dans la province du Lualaba. ©2025 RAID
Air : conditions de santé rapportées
Les habitants vivant à proximité des sites miniers décrivent une pollution de l’air de plus en plus présente dans leur vie quotidienne. Les témoignages recueillis par RAID et AFREWATCH sont cohérents d’une communauté à l’autre : ils décrivent la poussière qui se dépose sur la nourriture, les vêtements et les surfaces domestiques, un air chargé d’odeurs particulières, ainsi qu’une détérioration apparue ou aggravée avec l’expansion des activités minières voisines.
Les communautés décrivent aussi des symptômes récurrents : toux, saignements de nez, irritation des yeux et maux de tête, qui s’aggravent pendant la saison sèche lorsque les niveaux de poussière augmentent. Ces symptômes sont compatibles avec les effets sur la santé associés à une exposition prolongée aux particules fines et aux métaux qu’elles transportent, comme l’explique la section consacrée à la santé publique.
À Pierre Muteba et Tshizuza, des communautés proches des opérations de COMMUS à Kolwezi disent devoir nettoyer leurs maisons à plusieurs reprises au cours de la journée pour enlever la poussière. À Golf, également près de COMMUS, un habitant a décrit cette poussière en des termes frappants : « Parfois, il y a une forte poussière dans l’air. Nous avons beaucoup de mal à voir. C’est comme du gaz lacrymogène. » À Rianda, près du lac Kando, un habitant a décrit une poussièr
e qui forme « comme un nuage, une sorte de brouillard » venant des opérations minières voisines. Dans plusieurs communautés, des habitants ont indiqué fermer les fenêtres et porter des masques pour tenter de réduire leur exposition.
L’expérience d’un travailleur minier vivant à Pierre Muteba illustre une dimension du problème que les seules données scientifiques ne peuvent pas pleinement saisir. Il a expliqué qu’au travail, il porte un équipement complet de protection contre les risques respiratoires. Chez lui, pourtant, lui et sa famille font face aux mêmes risques, mais sans aucune protection. Lors de sa dernière visite médicale annuelle, son médecin a constaté des problèmes pulmonaires et oculaires et lui a conseillé de changer d’environnement. « On dirait que nous devrions aussi porter des lunettes de protection à la maison », a-t-il déclaré.
Un épais nuage de poussière, scène courante sur les routes entourant les mines de cuivre-cobalt dans la province du Lualaba. ©2025 RAID
Eau : perte de moyens de subsistance et de sources alimentaires
L’impact sur l’eau, la pêche et l’agriculture revient dans presque tous les entretiens menés auprès des communautés. À Klindu, des habitants expliquent avoir entièrement abandonné la pêche et l’agriculture parce que l’eau n’est plus sûre : « Avant, nous pêchions et nous cultivions, mais l’eau n’est plus bonne. Maintenant, nous fabriquons du charbon. » À Mibanze, des pêcheurs décrivent des poissons issus des rivières locales visiblement malades, présentant des plaies et des lésions qu’ils attribuent à la contamination de l’eau. À Manomapia, un habitant raconte avoir vu des poissons remonter morts à la surface lorsque des effluents étaient déversés dans la rivière : « Les poissons meurent. Ils flottent quand ils déversent l’eau dans nos rivières. Et qu’est-ce qui nous arriverait si nous buvions cette eau ? »
Dans toutes les communautés, les habitants décrivent des cultures qui ne produisent plus, des bananiers complètement desséchés et des arbres fruitiers qui ne donnent plus de fruits. Cette perte n’est pas seulement environnementale, elle est aussi économique. À Rianda, près du lac Kando, un habitant se souvient qu’« avant, les localités des environs venaient acheter nos produits », mais que ce commerce a aujourd’hui disparu.
Des personnes recueillent de l’eau à un point d’eau dans le village de Kinsenda dans la province du Lualaba. ©2025 RAID
Impacts sur la santé reproductive et la prochaine génération
Dans plusieurs communautés, des femmes décrivent de manière indépendante des problèmes de santé reproductive qu’elles associent directement à la pollution. Une femme de Manomapia a expliqué avoir fait trois fausses couches, ajoutant : « Même ma fille doit maintenant aller à Lubumbashi pour avoir des enfants en bonne santé. » D’autres femmes ont évoqué des infections répandues parmi les mères de la communauté. À Pierre Muteba et Tshizuza, des femmes décrivent des perturbations du cycle menstruel, des règles prolongées et douloureuses, ainsi que des infections vaginales, certains médecins reliant ces symptômes à la contamination acide de l’eau.
Dans l’ensemble des communautés, les enfants semblent les plus gravement touchés. À Kisenda, selon des habitants, des enfants ont vomi du sang pendant deux jours en septembre et octobre 2025. À Tshizuza, un garçon de dix ans souffre de saignements de nez périodiques depuis 2023, accompagnés d’épisodes de vertiges qui reviennent chaque année depuis 2021. À Kasanga, des habitants ont rapporté que trois enfants étaient décédés en deux jours au moment de la visite de RAID et AFREWATCH. Les causes de ces décès n’ont pas pu être vérifiées, mais les habitants ont déclaré penser qu’ils étaient liés à la contamination dans leur communauté.
Ces témoignages doivent être interprétés avec prudence, car les études scientifiques n’ont pas mesuré directement les effets sur la santé. L’établissement de liens de causalité nécessiterait une enquête épidémiologique qui n’a pas encore été menée. Mais la cohérence de ces récits dans plusieurs communautés, ainsi que le fait que des médecins locaux les associent de manière répétée à la pollution, soulignent l’urgence de répondre à cette crise.
Bien que ces études aient été menées autour d’un nombre limité d’entreprises minières, elles démontrent cependant la situation générale dans laquelle les populations vivent dans le Lualaba et le Haut-Katanga.
Un centre médical en périphérie de Kolwezi, près de la mine de cuivre-cobalt COMMUS à Kolwezi, dans la province du Lualaba, en RDC. Des femmes décrivent des fausses couches, des perturbations menstruelles et des problèmes de santé reproductive qu’elles attribuent à la pollution. © 2025 RAID
Un mur de silence : les plaintes des communautés restées sans réponse
Les habitants ont déclaré avoir signalé à plusieurs reprises leurs préoccupations aux entreprises et aux autorités, sans obtenir de réponse concrète. À Pierre Muteba, la communauté a écrit au gouverneur en 2023, obtenu une audience avec le ministre des Mines et demandé une relocalisation. Mais, selon les habitants, la commission d’enquête promise ne s’est jamais rendue sur place. D’après eux, la seule réponse concrète de l’entreprise a été d’installer momentanément un panneau en swahili interdisant l’utilisation d’une source d’eau.
À Mibanze, des habitants ont indiqué que MUMI, l’entreprise minière voisine, avait installé des capteurs de qualité de l’air en 2018 à la suite de plaintes de la communauté, avant de les retirer en 2023 sans jamais communiquer les résultats. À Rianda, des habitants ont déclaré que l’entreprise prélevait chaque mois des échantillons d’eau, mais n’en partageait jamais les résultats avec la communauté. À Kisenda, des responsables de l’entreprise minière ont affirmé aux habitant·es que leurs problèmes de santé n’étaient pas liés aux activités minières.
En droit congolais, les entreprises minières sont tenues de surveiller la qualité de l’air et de l’eau et de transmettre régulièrement les résultats aux autorités compétentes. Les habitant·es interrogé·es par RAID et AFREWATCH ont déclaré n’avoir jamais reçu les résultats des contrôles réalisés près de leurs communautés. Les communautés qui vivent le plus près de la pollution sont, en pratique, les dernières à savoir ce que ces données révèlent. « Y a-t-il des instruments pour mesurer la qualité de l’air ? », a demandé un habitant de Pierre Muteba. « Non. Les instruments, c’est nous.
Nombreuses sont les compagnies minières industrielles opérant dans la région qui affirment entretenir un dialogue régulier avec les communautés locales, et les entreprises peuvent caractériser leurs interactions avec ces communautés différemment des témoignages présentés ici. Pourtant, un constat revient de manière constante dans les témoignages des communautés : les données de surveillance environnementale parviennent rarement, voire jamais, aux personnes les plus touchées, en particulier en ce qui concerne la qualité de l’air. Il n’existe pas de surveillance publique indépendante de la qualité de l’air ou de l’eau dans la région. Les communautés sont entièrement tributaires des entreprises et des autorités gouvernementales pour obtenir des informations sur l’environnement dans lequel elles vivent.
Dans les communautés situées dans les zones minières de la province du Lualaba, les habitants signalent une diminution constante de l’abondance et de la taille des poissons ces dernières années. © 2025 RAID
Santé publique : les effets des polluants
Les quatre études scientifiques n’évaluent pas directement les effets sur la santé humaine. Toutefois, un corpus important de recherches évaluées par les pairs l’a déjà fait. La contamination environnementale documentée dans ces nouvelles études ajoute une dimension essentielle à cette base de connaissances. Les principales voies d’exposition et leurs implications sont présentées ci-dessous.
Un enfant présente une affection cutanée qui serait liée à la pollution de l’air et de l’eau causée par les activités minières à Kolwezi, dans la province du Lualaba, en RDC. © 2025 RAID
Air, eau et alimentation : de multiples voies d’exposition
Les particules fines, ou PM2,5, sont classées par le Centre international de recherche sur le cancer comme cancérogènes pour l’humain, ce qui signifie qu’elles constituent une cause avérée de cancer. Au-delà du cancer, une exposition prolongée est associée à des maladies cardiovasculaires, à des affections respiratoires, à des troubles du développement neurologique et à des complications de grossesse, notamment les naissances prématurées et le faible poids à la naissance. Ce qui rend les résultats du Lualaba particulièrement préoccupants est le caractère chronique de l’exposition : 98 % des mesures horaires de PM2,5 dépassaient les lignes directrices de l’OMS. Il ne s’agit pas d’une exposition occasionnelle, mais de l’air que les communautés respirent chaque jour, année après année. Cette poussière transporte aussi du cobalt, du cuivre et du manganèse ; le cobalt est classé par le CIRC comme cancérogène possible pour l’humain par inhalation, tandis que le manganèse, à des concentrations élevées, est associé à des atteintes neurologiques graves, notamment une affection proche de la maladie de Parkinson appelée manganisme.
Les métaux détectés dans l’eau et les sédiments présentent des risques tout aussi graves. À des concentrations élevées, le manganèse peut provoquer des atteintes neurologiques chez les enfants, affectant le développement cognitif, la motricité et le comportement. L’arsenic, détecté au-dessus des seuils sanitaires sur plusieurs sites, est classé dans le Groupe 1 des cancérogènes, donc avéré pour l’humain. Le plomb provoque des dommages neurocognitifs irréversibles chez les enfants, sans qu’aucun niveau d’exposition sûr ne soit encore établi par les connaissances scientifiques actuelles. L’uranium peut endommager les reins.
La contamination entre également dans la chaîne alimentaire : des recherches évaluées par les pairs menées par le professeur Banza ont établi que, dans cette région, le cobalt atteint le corps humain principalement par l’alimentation contaminée (céréales, légumes et poissons).
Un panneau indiquant un centre médical de maternité en périphérie de Kolwezi, dans la province du Lualaba, en RDC. Des femmes décrivent des fausses couches, des perturbations menstruelles et des problèmes de santé reproductive qu’elles attribuent à la pollution. © 2025 RAID
La nécessité d’une évaluation sanitaire indépendante
Les études scientifiques, la littérature scientifique évaluée par les pairs et les observations cliniques des professionnels de santé locaux pointent toutes dans la même direction. Ce qui manque, c’est une étude épidémiologique formelle reliant directement la contamination environnementale désormais documentée aux effets sur la santé dans ces communautés spécifiques. Source International affirme explicitement qu’une telle étude n’est pas simplement recommandée, mais nécessaire.
Des femmes lavent des vêtements dans un point d’eau de la cellule Golf avec en arrière-plan la mine de cuivre-cobalt COMMUS et sa halde de stériles à Kolwezi, dans la province du Lualaba. ©2025 RAID
Obligations légales : le droit congolais et le déficit d’application
La RDC dispose d’un cadre juridique qui, sur le papier, devrait protéger les communautés des préjudices documentés dans ces études. L’article 285 bis du Code minier de la RDC consacre le principe « pollueur-payeur », mettant à la charge de l’exploitant responsable la réparation des préjudices liés à la pollution. L’article 53 de la Constitution garantit à toute personne le droit à un environnement sain favorable à son épanouissement, et impose à l’État le devoir de protéger à la fois l’environnement et la santé de la population. Les entreprises minières sont légalement tenues de réaliser des études d’impact environnemental et social (EIES), de mettre en œuvre des plans de gestion environnementale, ainsi que de surveiller et rendre compte de leur performance en la matière.
Pourtant, le fossé entre le droit et la pratique est saisissant. Les Études d’impact environnemental et social (EIES) sont rarement disponibles publiquement, empêchant les communautés de comprendre les risques auxquels elles font face ou de tenir les entreprises aux engagements qu’elles ont pris. L’application des sanctions par les autorités compétentes – principalement l’Agence congolaise de l’Environnement (ACE) et la Division de la Protection de l’Environnement dans le secteur minier (DPEM) – est sévèrement limitée par des ressources insuffisantes et des capacités institutionnelles réduites. Les plaintes déposées par les communautés sont systématiquement reconnues puis ignorées.
Le gouvernement de la RDC a pris certaines mesures ces dernières années : les opérations de COMMUS ont été brièvement suspendues en 2024 en raison de préoccupations liées à la radioactivité, et les autorités provinciales ont reçu des plaintes formelles concernant la pollution sur ces sites, mais elles-ci n’ont pas été suivies d’effet. Une suspension sans remise en état et des plaintes sans enquête, ne constituent pas une application effective de la loi. Le cadre juridique existe, mais ce qui manque ce sont les capacités institutionnelles, les ressources et les mécanismes de contrôle nécessaires pour l’appliquer efficacement.
Les véhicules miniers dominent la vie quotidienne à Kolwezi, dans la province du Lualaba, en RDC. © 2025 RAID
Observations des entreprises
RAID, AFREWATCH et Source International ont partagé les conclusions des quatre études scientifiques avec CMOC (TFM), Glencore (MUMI) et Zijin Mining (COMMUS) deux semaines avant la publication, à titre de courtoisie et dans un esprit de transparence. Nous avons indiqué que toute observation que les entreprises souhaiteraient formuler serait reflétée dans notre publication. Les trois entreprises ont téléchargé les rapports.
TFM a fourni une réponse écrite détaillée de huit pages aux conclusions scientifiques, disponible dans son intégralité ici. Il s’agit d’un engagement substantiellement plus approfondi que celui des autres entreprises. Dans sa réponse, TFM a indiqué qu’elle opère en conformité avec les réglementations applicables de la RDC et les normes ESG internationales, notamment la certification ISO 14001 et le Copper Mark, et que ses propres données de surveillance de la qualité de l’air et de l’eau affichent des résultats conformes aux limites applicables. TFM soutient que la qualité environnementale dans la région du Lualaba est influencée par de multiples facteurs, notamment les conditions géologiques naturelles et l’exploitation minière artisanale, et que les conclusions des études concernant la responsabilité environnementale de TFM ne sont pas suffisamment étayées par les preuves disponibles. TFM observe par ailleurs que la relation causale entre ses opérations et les résultats sanitaires des communautés n’a pas été établie par des recherches épidémiologiques systématiques.
La réponse de TFM n’aborde pas les PM2,5, les particules fines qui déterminent les classifications du risque sanitaire dans le rapport sur la qualité de l’air de Source International, et ne traite pas des conclusions des rapports des Professeurs Kaniki et Banza. Il s’agit d’une omission importante. TFM a partagé trois années de données de surveillance des PM10 provenant de ses propres stations, et indique que sa surveillance environnementale est conduite conformément aux normes de la SFI, le même cadre qu’elle cite pour ses données sur la qualité de l’eau. Les Directives environnementales, sanitaires et sécuritaires de la SFI incluent les PM2,5 comme paramètre standard pour l’évaluation de la qualité de l’air ambiant aux côtés des PM10, or TFM ne fournit aucune donnée équivalente sur les PM2,5.
L’observation de TFM sur l’épidémiologie est juste, et nous la partageons. Les études existantes documentent une contamination environnementale grave à des niveaux associés à des risques sanitaires significatifs, et sont cohérentes avec les problèmes de santé signalés par les communautés. Elles ne fournissent pas, et ne prétendent pas fournir, de preuve épidémiologique définitive de causalité. C’est précisément pourquoi un dépistage sanitaire indépendant, financé par les entreprises, des communautés affectées est urgent, et pourquoi le cadre juridique en RDC place la charge de la preuve sur les entreprises pour démontrer que leurs opérations ne causent pas de préjudice.
Glencore, qui exploite MUMI/Mutanda, a fourni la réponse suivante :
« MUMI s’engage à gérer ses impacts et risques environnementaux et à atteindre des performances environnementales responsables et cohérentes grâce à une amélioration continue, conformément à la politique environnementale de Glencore. MUMI surveille ses émissions dans l’air et dans l’eau conformément aux normes de Glencore, qui visent à respecter ou dépasser la réglementation locale. Nous prenons acte des conclusions des rapports et les prendrons en compte dans nos systèmes de gestion environnementale. Nous notons toutefois les difficultés associées à l’isolation des impacts d’une mine individuelle parmi de multiples opérations et activités minières illégales présentes dans la zone, et encourageons les auteurs à en tenir compte. »
COMMUS, exploitée par Zijin Mining, a demandé une prolongation après l’expiration de la date limite du 1er juin et n’a pas fourni d’observations substantielles dans le délai imparti. Elle n’a pas encore fourni d’observations.
Ce qu’implique une exploitation minière responsable
La pollution atmosphérique et la pollution des eaux liées à l’exploitation minière peuvent être considérablement réduites grâce à des techniques bien établies. Les mesures standards de suppression des poussières dans des opérations minières comparables en Australie, au Canada, en Colombie et en Serbie comprennent la surveillance de la qualité de l’air en temps réel avec accès quasi immédiat des communautés aux résultats, l’arrosage des routes et l’utilisation de suppresseurs de poussière chimiques, des systèmes à canons à brouillard, des limitations de vitesse pour les véhicules, le transport couvert du minerai, des restrictions sur les tirs de mines, et la restauration écologique des dépôts de stériles et des installations de stockage des résidus.
Ces mesures ne sont pas aspirationnelles : elles sont exigées par les Directives environnementales, sanitaires et sécuritaires (EHS) de la Société financière internationale (SFI) pour le secteur minier, et sont compatibles avec la Convention n° 176 de l’OIT sur la sécurité et la santé dans les mines, qui impose aux employeurs d’évaluer systématiquement les risques liés à la poussière, de prendre des mesures pour réduire la poussière à la source et d’informer les communautés des risques auxquels elles sont exposées ainsi que des mesures prises pour y remédier.
De nombreuses entreprises internationales opérant dans la province du Lualaba appliquent déjà ces mesures sur d’autres sites. L’existence de mesures comparables en RDC n’est toutefois pas publiquement établie, car les entreprises ne publient pas leurs plans de gestion environnementale ni leurs données de suivi auprès des communautés les plus touchées. Ce que les preuves scientifiques montrent, en revanche, c’est que, quelles que soient les mesures actuellement mises en œuvre, elles ne suffisent pas à protéger les communautés riveraines contre des atteintes graves et persistantes. Les communautés vivant aux abords de ces opérations minières ne méritent pas moins que les standards appliqués ailleurs.
Le contexte de la transition énergétique : responsabilité dans les chaînes d’approvisionnement
Les minéraux extraits de la ceinture cupro-cobaltifère de la RDC ne restent pas en RDC. Ils transitent par des chaînes d’approvisionnement mondiales pour alimenter les batteries de véhicules électriques, les infrastructures d’énergie renouvelable, les industries de l’armement et de la défense et, de plus en plus, les centres de données qui alimentent l’intelligence artificielle.
Certaines des opérations couvertes par ces études, notamment TFM et Mutanda Mine (MUMI), ont reçu un Copper Mark, un système de certification visant à vérifier les pratiques minières responsables. TFM fait également l’objet d’un audit indépendant dans le cadre de l’Initiative for Responsible Mining Assurance (IRMA), dont les résultats ne sont pas encore disponibles. Les éléments présentés dans ces quatre études devraient être directement pris en compte dans ces deux processus et soulèvent de sérieuses questions quant à la capacité du Copper Mark à identifier et traiter les impacts de pollution documentés ici.
Les Principes directeurs de l’ONU relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme (PDNU) exigent des entreprises qu’elles exercent une diligence raisonnable en matière de droits humains et assurent des recours là où des préjudices surviennent. Les entreprises en aval – constructeurs de véhicules électriques, fabricants de batteries et entreprises technologiques – font face à des obligations légales croissantes au titre des législations sur la diligence raisonnable, notamment la directive européenne sur le devoir de vigilance en matière de durabilité des entreprises (CS3D), qui exigent précisément que ce type de préjudice soit identifié et traité dans les chaînes d’approvisionnement. Le Règlement européen sur les batteries est également directement pertinent : il impose des obligations de diligence raisonnable aux entreprises qui commercialisent des batteries sur le marché de l’UE, notamment concernant l’approvisionnement, la transformation et le commerce du cobalt et d’autres matières premières utilisées dans les batteries. Ces obligations exigent des entreprises qu’elles identifient et traitent les risques sociaux et environnementaux dans leurs chaînes d’approvisionnement, y compris la pollution et les impacts sur les communautés documentés dans ces rapports.. La pollution toxique documentée dans ces études, dans des communautés qui approvisionnent les marchés mondiaux en cobalt et en cuivre, constitue précisément le type de préjudice que ces cadres ont vocation à traiter. La question est de savoir si les entreprises agiront ou attendront d’y être contraintes.
Ce qui doit être fait
Les entreprises minières doivent financer une évaluation sanitaire urgente et indépendante des communautés affectées menée à distance des entreprises. Elles doivent publier d’urgence leurs EIES et autres données de surveillance environnementale, notamment les résultats sur la qualité de l’air et de l’eau, dans des formats accessibles aux communautés locales. Elles doivent, en outre, prendre des mesures immédiates pour réduire les poussières et les rejets d’effluents à la source, dépolluer et fournir de l’eau potable aux communautés dont les sources d’eau ont été contaminées par leurs opérations.
Le gouvernement de la RDC doit faire appliquer le droit environnemental existant, notamment le principe « pollueur-payeur » établi à l’article 285 bis du Code minier. Les EIES doivent être rendues publiques. Le gouvernement devrait également mettre à jour les normes nationales de qualité de l’air, afin de les aligner sur les lignes directrices actuelles de l’OMS fondées sur la santé. Les autorités compétentes chargées de l’application de la loi devraient disposer de ressources suffisantes. Aucun nouveau permis ni aucune extension ne devrait être approuvé pour des opérations qui n’ont pas démontré leur conformité aux obligations environnementales existantes.
Les entreprises de la chaîne d’approvisionnement qui achètent du cobalt et du cuivre issus de ces opérations doivent utiliser leur levier pour s’assurer que les entreprises auprès desquelles elles s’approvisionnent remédient aux préjudices documentés ici. Les obligations de diligence raisonnable ne sont pas satisfaites par les seuls audits ; elles nécessitent un engagement auprès des communautés affectées, des données de surveillance transparentes et des améliorations vérifiables dans le temps.
Les investisseurs et les institutions financières, qui financent des opérations minières ou des entreprises dans la chaîne d’approvisionnement en cobalt et en cuivre, devraient utiliser leur levier d’influence pour s’assurer que les entreprises qu’ils financent remédient aux préjudices documentés ici. Les obligations de diligence environnementale et sociale ne s’arrêtent pas au moment de l’investissement : les investisseurs devraient exiger des entreprises qu’elles publient leurs données de surveillance environnementale, mettent en œuvre des plans crédibles de réduction de la pollution et financent des évaluations sanitaires indépendantes des communautés affectées. Lorsque les entreprises n’agissent pas, les investisseurs devraient intensifier leur engagement et, si nécessaire, reconsidérer les conditions de leur financement.
Les communautés affectées ont droit à réparation pour les préjudices subis : accès aux soins de santé, indemnisation pour les moyens de subsistance dégradés, eau potable et rôle significatif dans les décisions affectant leur environnement et leur santé.
Les communautés vivant aux abords de ces mines n’ont pas choisi de supporter le coût de la transition énergétique mondiale. Elles ont droit à un environnement propre, sain et durable, reconnu par les Nations Unies et consacré par la Constitution de la RDC. Ces études soulèvent de graves questions quant au respect effectif de ce droit dans la pratique.
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