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République Démocratique du Congo: les victimes de la corruption au Congo

victimes de la corruption en RDC

Le 16 septembre 2009, la mine de Kingamyambo Musonoi Tailings (KMT) à Kolwezi en République démocratique du Congo a fermé soudainement, contre la volonté de la société. Un représentant de la société a annoncé aux travailleurs pris au dépourvu que le gouvernement congolais avait illégalement retiré sa licence d’exploitation à First Quantum Minerals, la société canadienne qui possédait la mine de cuivre et de cobalt. Les 700 travailleurs congolais se retrouvaient sans emploi.

Un des travailleurs, Jean* est rentré chez lui, incertain quant à son avenir. Quelques jours plus tard, son fils âgé de 14 ans, Benoit*, est tombé malade. Jean a amené son fils au centre médical qui soignait les travailleurs de KMT et leurs familles, un avantage qui était lié à son emploi à la mine. Mais comme la mine avait fermé, le médecin a refusé de prendre en charge Benoit à moins que son père puisse payer d’avance les frais médicaux. N’ayant pas reçu son dernier chèque de salaire ni d’indemnité de licenciement, Jean ne disposait pas de la somme. Il n’avait pas d’autre choix que de repartir, en emmenant son fils malade. Sur le chemin du retour, Benoit est mort.

Une action légale contre les actes de corruption qui ont entraînés l’annulation de la licence et la fermeture de la mine a été intentée aux États-Unis mais les conséquences dévastatrices pour les victimes congolaises de la corruption, comme Jean et sa famille, n’ont été prises en compte dans aucune enquête ni procédure judiciaire à ce jour. Leurs voix, comme celles de nombreuses autres victimes de corruption, sont rarement entendues.

Ce rapport vise à démontrer les raisons pour lesquelles Jean et les autres personnes vivant dans les communautés affectées devraient être considérées comme victimes de la corruption à l’étranger. Pour avancer vers cet objectif, l’enjeu de ce rapport est d’identifier et de reconnaître ces victimes et les préjudices qu’elles ont subis. Toute action en justice contre des organisations ou des personnes impliquées dans des affaires de corruption devrait reconnaître les victimes, comme Jean, et les inclure dans toute indemnisation qui pourrait se présenter.

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