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L’Etat congolais a l’obligation de protéger les droits des populations du quartier Wantashi contre les impacts négatifs des activités minières de la Société Minière du Katanga (SOMIKA)

L’Observatoire Africain des Ressources naturelles (AFREWATCH), une organisation non gouvernementale de promotion et de protection des droits humains, exprime ses inquiétudes sur le sort des populations du quartier Wantashi, à Lubumbashi, victimes des effets du déversement des eaux acidifiées par la Société Minière du Katanga (SOMIKA).

En effet,  dans la nuit du 02 au 03 avril 2017 vers 20h00, les bassins de retenu des rejets des acides de SOMIKA avait débordé et inonder plusieurs dizaines de ménages vivant dans dix parcelles identifies à près de 10mètres de l’usine. Plusieurs dégâts sont enregistrés au moment de l’écoulement des eaux acidifiées notamment l’eau des puits qui est devenue très impropre à la consommation, les jardins des légumes dévastés, les biens de ménages détruits, des maisons fissurées, etc.

D’après les habitants du quartier susvisé, ces déchets liquides se sont déversés jusqu’à la source de Kimilolo quiravitaille la grande partie de la ville de Lubumbashi en eau potable sous la gestion de la régie de distribution d’eau (REGIDESO).

En date du 04 avril 2017, l’ex Gouverneur du Haut-Katanga, M. KAZEMBE Jean-Claude, avait effectué une visite dans le quartier pour s’enquérir de la situation avant de promettre une analyse experte de la situation sur terrain[1]. Malheureusement, après son départ, aucun suivi n’a été assuré pour que les victimes soient correctement identifiées et dédommagées, la source de Kimilolo soit décontaminée et que la responsabilité de l’entreprise soit établie.

Au lieu d’amorcer le processus de décontamination de la source d’eau et d’indemnisation des victimes, l’entreprise a trouvé, en date du 09 avril 2017, utile et responsable de donner à chacun de dix-sept ménages victimes ciblés, un sac de farine de maïs de 25 kg et 175 millilitres d’huile de table à titre d’indemnisation et réparation sans évaluation préalable alors que les victimes étaient estimées à plusieurs dizaines.

Voici les propos des habitants victimisés, « cette eau toxique a envahi nos maisons pendant plusieurs jours détruisant nos biens et nous empêchant de respirer correctement pendant plusieurs jours, d’ailleurs nous ne savons pas les conséquences sanitaires dans un future proche dans notre vie ... car les odeurs et les indices sur le sol sont encore perceptibles ».[2]

AFREWATCH rappelle que c’est depuis plus de douze ans que les ONG, la population et la REGIDESO/Katanga, se mobilisent pour réclamer la délocalisation de cette Société Minière du Katanga implantée aux côtés des populations ainsi que sur les versants de la nappe aquifère alimentant la source d’eau de Kimilolo[3].

Pour ce faire, les ONG[4], la Régideso[5] et bon nombre d’habitants de la ville de Lubumbashi, s’étaient déjà mobilisés pour dénoncer ce danger imitant de pollution d’eau. En plus, le gouverneur du Katanga de l’époque, M. Urbain KISULA NGOY avait même signé en 2003[6], la décision de délocalisation de l’usine de SOMIKA  sans que celle-ci ne soit mise en application[7].

Cependant, la délocalisation de SOMIKA ne poserait pas un grand problème car ne disposant pas d’une carrière dans la concession afin de protéger les droits humains.

Sur pieds des articles 12 de la loi n° 11/009 du 09 juillet 2011portant principes fondamentaux relatifs à la protection de l’environnement[8]et 7 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, AFREWATCH recommande :

a)      A l’État congolais, dans son rôle de garant de la nation :

-  D’exiger à l’entreprise SOMIKA, d’identifier et d’indemniser toutes les victimes de cette pollution ;

-  De se rassurer que des mesures importantes ont été prises par la société SOMIKA pour la décontamination du sol et de la source d’eau en vue de protection l’environnement physique et social ;

-  Exiger purement et simplement la délocalisation de la Société Minière du Katanga pour préserver les vies des millions de populations.

b)      A la Société Minière du Katanga (SOMIKA) :

-  D’identifier de manière exhaustive les victimes et de procéder à leur juste indemnisation ;

-  De prendre les mesures dynamiques qui s’imposent pour la protection de son environnement physique et social ;

- D’envisager une délocalisation pour pouvoir protéger durablement ces populations permanemment exposées aux impacts négatifs des activités minières.

c)      Aux ONG de développement et des droits humains : de se mobiliser pour assister et accompagner  cette communauté exposée aux graves violations de ses droits en faveur de l’exploitation minière ;

d)     Aux populations concernées, de se sensibiliser pour réclamer tant auprès des autorités de l’entreprise de la de l’Etat, la réparation de tous les préjudices physiques et morales lui causée.

 

                               AFREWATCH

                                                                                                                                    Lubumbashi, le 31/05/2017

 



[2]Propos recueillis auprès des  habitants du Quartier Kisanga aux dates du 20 avril et et 19 mai 2017

[8]Cette disposition que« les coûts résultant des mesures de prévention, de lutte contre la pollution et la réduction de celle-ci ou de remise en état des sites ou paysages pollués sont supportés par le pollueur »